Suppression de vols intérieurs courts en France : Bruxelles va donner son feu vert

Le 06.12.2022

La Commission européenne a le 1er décembre 2022 validé la mesure française de supprimer certains vols en avion à l’intérieur du pays, lorsque le même trajet est réalisable en moins de 2h30 en train.
La décision a été publiée le jour même sur le Journal officiel de l’Union européenne. Cependant, tout n’est pas encore certifié puisque le projet de décret doit encore faire l’objet d’une consultation du public, avant d’être soumis à l’examen du Conseil d’État. Cette mesure devra être réexaminée au bout de trois ans et s’appliquer, si tout se passe bien, aussi aux vols par correspondance.

Une mesure en raccord avec les ambitions sur le climat

Les objectifs fixés se rapprochent

L’objectif environnemental qui est probablement le plus répandu est celui de "la neutralité carbone en 2050". Cependant il est difficile de l’atteindre lorsqu’une partie des acteurs peinent à tout mettre en oeuvre pour le réaliser. Cette décision prise le 1er décembre 2022 par la Commission Européenne va permettre de faire un grand pas en avant pour atteindre les objectifs environnementaux.
D’ailleurs, même le ministre délégué aux Transports, Clément Beaune, a salué dans un communiqué "une avancée majeure dans la politique de réduction des émissions des gaz à effet de serre".

Il a aussi précisé que la validation de la Commission européenne "va permettre d’enclencher les prochaines étapes de la mise en œuvre du décret".
De plus, toujours lors de son communiqué il a déclaré que la décision de la Commission, qui constitue "une avancée majeure dans la politique de réduction des émissions des gaz à effet de serre". La décision de Bruxelles "permettra de lancer de nouvelles étapes dans l'interdiction effective des lignes aériennes quand il y a une alternative de moins de 2h30 en train", a affirmé Clément Beaune.

Actée par la loi climat de 2021, la mesure était issue des travaux de la Convention citoyenne pour le climat.

Sur les trajets courts, le train est à privilégier

Pour faire un point sur l’aspect très polluant de l’avion, l’éco-comparateur du site Internet de la SNCF cherche à sensibiliser les consommateurs au problème des émissions de gaz à effet de serre.
En effet, pour 25% liés au transport en France, le secteur de l’aviation représente 3,77% des émissions totales de Gaz à Effet de Serre (GES). Ce secteur représente 33 % de la consommation d'énergie finale en France en 2015, contre 29 % en 1990.
En conclusion, l’avion est le moyen de transport le plus polluant et celui qui génère le plus d’émissions à effet de serre.
Aujourd’hui, seulement 8% des trajets terrestres s’effectuent en train dans l’Union Européenne. Souvent, pour les voyages de longue distance, nous n’avons pas d’autre choix que de prendre l’avion, mais pour d’autres voyages plus courts, le train peut être une alternative beaucoup plus écologique. La mise en place de ces restrictions avec l’alternative de pouvoir prendre le train pour un temps supplémentaire de maximum 2h30 permettrait de soulager notre planète avec moins d’émissions de carbone, mais aussi d’augmenter le pourcentage des trajets réalisés en train.
Notre article disponible juste ici, saura vous expliquer les différentes avancée environnementales déjà mises en place par les compagnies pour respecter davantage notre environnement. Tandis que celui juste ici, vous donnera les avantages et les contraintes des avions et trains et dans quelles circonstances est t’il préférable d’emprunter l’un ou l’autre.

Une solution qui va en contraindre plus d’un

En vu des contraintes qui vont être appliqué le gouvernement oblige Air France à renoncer aux liaisons concernées, en contrepartie d’un soutien financier en mai 2020, pour surmonter la crise sanitaire. Il a aussi interdit aussi aux concurrents de profiter de cette occasion.
Les associations françaises d’aéroports, l’UAF, ainsi que le Scara (Syndicat des Compagnies Aériennes Autonomes) avaient, dès le début, donc dès les débats parlementaires, contesté la suppression de ces lignes qui selon elles sont trop empruntées par les voyageurs et risquerait de provoquer de vrais problème économiques. La ligne qui inquiète le plus les associations est celle Orly-Bordeaux en particulier qui transportait, avant la crise sanitaire, plus de 560.000 voyageurs par an.

L’aéroport de Bordeaux-Mérignac avait estimé que la fin de la liaison avec Orly lui ferait perdre 16 % de chiffre d’affaires, tandis que des élus locaux avaient alors dénoncé un « nouveau coup » porté à l’économie de la région.