Véhicules autonomes : catastrophe environnementale ou solution durable ?

Le 31.03.2021

Véhicules autonomes : catastrophe environnementale ou solution durable ?

Annoncé depuis des années comme une innovation technologique, la voiture autonome était décrite comme une solution pour résoudre les problèmes de mobilité posant ainsi les bases d’une transition écologique durable. Le gouvernement s’était d’ailleurs engagé vers cette transition technologique en publiant en décembre 2020 sa stratégie de développement. Les auteurs du rapport étudient les promesses et révèle leurs effets.


Trois scénarios sont à prévoir :

une mobilité individuelle grâce aux véhicules privés porté par les constructeurs automobiles,

une mobilité à la demande s’appuyant sur des flottes de robot taxi porté par les grands acteurs du numérique,

une mobilité collective porté par les opérateurs de transports en commun.

Le rapport de l’Idrac présente le projet comme une « alternative écologique » pour la fluidité
et l’économie qu’elle créera, mais pourra également produire l’inverse.


Des « effets à rebonds »

Cette technologie, pourrait être à l’origine d’effets à rebonds c’est à dire « l’augmentation de consommation liée à la réduction des limites à l’utilisation d’une technologie ». Ses effets sont multiples.
L’environnement actuel étant conçu pour recevoir les véhicules traditionnels, il faudra repenser les structures routières ; ce qui entrainera des couts considérables.

Au niveau écologique, l’installation et du maintien de ces nouvelles technologies (capteurs, récepteurs, réseau 5G, stockage etc.) favorisera l’augmentation de l’empreinte numérique et carbone. Par ailleurs, il est possible que ces structures soient limitées aux territoires dit « rentables », marginalisant ainsi les territoires éloignés les empêchant de participer à la transition.
De plus, un scénario de mobilité collective amplifiera les inégalités sociales entre ceux qui auront la capacité d’accéder à l’offre ou non.
La multiplication des véhicules autonomes pourrait « être à l’origine d’une évolution de la consommation d’énergie du parc automobile qui pourrait au pire tripler » et de l’étalement urbain.


Décalage avec l’urgence climatique

Le projet se veut énergivore, étant consommateur de ressources. Son déploiement reste pour le moment progressif ; les premiers véhicules ne sont pas attendus avant 2050. Son déploiement massif ne pourra pas se faire à temps pour atteindre la neutralité carbone en 2050.

Il semble ainsi que ces véhicules autonomes ne prennent de sens que dans l'hypothèse d'une utilisation en mode de transport collectif et non d'individus isolés, au risque de courir à une n-ième (mauvaise) surprise écologique...