Transport aérien et pandémie, une mise à l'arrêt quasi-totale.

Le 24.02.2021

En 2020, la crise sanitaire mondiale porte un coup d’arrêt au trafic aérien pourtant bien orienté en 2019, avec un record de plus de deux millions de passagers. Mouvements d’avions commerciaux, fret commercial, trafic de La Poste et trafic de passagers sont en baisse. Le trafic international fortement impacté par la crise chute de plus des deux-tiers. C’est à l'issue du Conseil de défense sanitaire à l'Élysée du 31 janvier, que le premier ministre Jean Castex annonçait la fermeture des frontières françaises. Jusqu’à aujourd'hui aucune date n’a été fixée pour la réouverture des frontières et l’année 2021 ne s’annonce pas meilleure que la précédente pour ce secteur face à une situation sanitaire mondiale qui ne s’améliore pas.

 

Les restrictions gouvernementales

Les comprendre

Des mesures dérogatoires ont été acceptées dès la période de confinement du printemps 2020, au vu des difficultés de déplacement rencontrées par les opérateurs et la population, et de l’apparition de besoins opérationnels spécifiques liés à l’épidémie.
- réalisation de vols commerciaux avec des avions de transport de passagers ne transportant que du fret en soute et en cabine avec un nombre réduit, voire nul, de membres d’équipage de cabine

- réalisation de vols de rapatriement avec un nombre réduit de personnel navigant cabine
Cette décision fut prise dans le cadre de la lutte contre la pandémie du coronavirus, suivant l'exemple d’autres pays qui obtenaient déjà des effets positifs. La fermeture des frontières françaises aux pays hors U.E. et territoires ultra marins sauf motif impérieux. Seuls nos voisins de l’Union Européenne sont alors autorisés à nous rendre visite.
Chaque entrée et sortie du territoire se voit contrôlée par un test PCR négatif de moins de 72h obligatoire. De plus, le voyageur doit avoir un motif impérial valide. Le justificatif de déplacement professionnel ou l’attestation de déplacement dérogatoire accompagnée de ses pièces justificatives est à présenter aux forces de l’ordre en cas de contrôle, quel que soit le moyen de transport emprunté (voiture particulière, transports en commun dont taxis) pour se rendre à l’aéroport ou en revenir.
Les salariés devant prendre l’avion pour se rendre sur leur lieu de travail ou pour une mission professionnelle ne pouvant être différée doivent faire établir par leur employeur un justificatif de déplacement professionnel conforme au modèle de formulaire disponible sur le site du Ministère de l’Intérieur.

Seul bon point : l’environnement

Sans surprise, les émissions de CO2, un gaz à effet de serre responsable du réchauffement climatique, liées au transport aérien ont chuté avec l'effondrement de ce dernier à cause de la pandémie de Covid-19. Entre janvier et novembre 2020, les émissions de CO2 ont baissé de 56,7% rapporte l'organisme européen de surveillance du trafic aérien. Elles ont même chuté de 55% sur l'ensemble de l'année avec 5 millions de vols au départ ou à l'arrivée d'un aéroport européen, contre 11,1 millions en 2019.
Cependant, il est préférable de ne pas se réjouir car le retour à un trafic normal devrait être brutal et peut être plus dévastateur qu’avant.

Les répercussions

Un bilan économique catastrophique

L’Association internationale du transport aérien a révélé au début du mois ses chiffres : -66% de perte du trafic mondial, un chiffre témoignant de la pire crise jamais connue par le secteur.
Bien entendu, la France est très touchée puisque Air France, plus grosse compagnie aérienne française, a indiqué une perte de 7,08 milliards de son chiffre d'affaires et une chute de 77,9% du trafic en 2020.
Pour concrétiser toutes ces actions avec des chiffres, tout ce qui concerne les déplacements aériens ont quasiment été réduit de moitié. En clair, le nombre de passagers locaux est passé des 1 971 655 en 2019 à 991 205 soit -49,7%. Si on ajoute aux passagers locaux (dont France, DFA et autres) ; le FRET commercial et la Poste nous sommes sur un total de -49,5% (1 984 936 en 2020 et 1 002 198 en 2020).

Qu’en est-il des acteurs du domaine aérien ?

La pandémie, les restrictions de déplacement et la crise économique ont complètement fait modifier le comportement des passagers et provoqué un effondrement de la demande, exprimé par par un taux de -67,8 de passagers dans les aéroports en 2019 et 2020. Victime de ces chiffres négatifs, l'aéroport Paris-Orly s’est vu contraint de fermer son terminal 4 sans connaître sa date de réouverture. Rejoignant Paris Roissy dont les terminaux sont fermés depuis la première vague du Covid-19.
À moyen terme, deux incertitudes pèsent sur les compagnies aériennes :
- le coût des mesures liées à la santé. Des dettes impossibles à rembourser et des investissements exorbitants ne seront que parties remises sur les prix des consommateurs, qui devrait eux aussi subir financièrement ces restrictions aériennes.

- l’aspect de la reprise des vols commerciaux. La demande pourrait ne pas remonter au même niveau qu’avant la crise sanitaire. Le trafic aérien commercial est lent à repartir : en septembre 2020, le nombre des vols effectués dans le monde était encore inférieur de plus de 40 % à son niveau d'avant la crise.