L'électrification des véhicules et les bornes de recharge

Le 16.01.2023

L'arrivée de la voiture électrique de masse annonce une mutation importante du marché automobile et de tout ce qui gravite autour.
Combien de bornes de recharge faut-il pour couvrir tout le territoire ? Actuellement, il y en a 26 000 en France, sois une borne pour pour six voitures, ce qui reste correct, mais bien trop insuffisant pour assurer un bon maillage du territoire.

Quelles sont les conséquences dû au passage à la voiture électrique ?

Un réel risque social en jeu

La filière automobile emploie directement 800 000 personnes en France, depuis les fournisseurs jusqu’aux activités aval (entretien, services de mobilité…). Si elle a retrouvé son dynamisme, plus de dix ans après la crise de 2008, elle se trouve aujourd’hui confrontée à des bouleversements sans précédent. La France n’est pas considéré comme “prête“ à ce changement.
En effet, si la voiture électrique se généralise, plus d'un emploi sur deux pourrait disparaître sur tout ce qui est moteur et transmission. Le secteur (constructeurs et équipementiers) pourrait perdre 25 à 30 % d'emplois.

“On estime à 15 000 le nombre d’emplois menacés dans les cinq ans“. Le passage au tout électrique risque donc de créer réel social.
"C'est la brutalité du changement qui crée le risque social", souligne Carlos Tavares.

Pour les propriétaires d’un véhicule électrique, une hausse des prix fait rage

Une situation qui irritent les propriétaires de véhicule électrique

Commençons par le coût du carburant, avant l’inflation un plein d’essence pour une voiture thermique tourne généralement entre 50 et 80€ alors qu'une recharge électrique complète coûte moins de 10€ pour une voiture électrique.
Depuis le 2 janvier 2023, la hausse des tarifs de Belib', la filiale de TotalEnergies qui gère le réseau public parisien de recharge, provoque la colère des propriétaires de véhicules électriques.

Certains dénoncent des abus liés à la situation de quasi-monopole de Belib' dans la capitale, d'autres évoquent même « une arnaque » ou « un vol organisé » de la part de l’entreprise. En effet, on constate des tarifs en hausse entre 27% à 100%.
La facture a bondi sur la totalité du parc de Paris qui comporte 2 300 points de charge. Les tarifs différenciés selon les arrondissements ont été abandonnés, tous les clients se retrouvent à payer le kilowattheure au même prix dans toute la ville. Les tarifs ont été fixés en fonction du temps de branchement et de la puissance consommée.

Les utilisateurs sont donc en colère. Certains s'interrogent même sur l'utilité d'avoir une voiture électrique à Paris. “La recharge nocturne me coûte maintenant deux fois plus cher, a déploré une cliente auprès du Parisien. En plus, la période heures creuses, qui commençait auparavant à 20 heures, débute maintenant à 23 heures. Il faut ressortir tard le soir pour avoir droit au tarif réduit“.
C'est l'une des conséquences de la hausse du prix de l'énergie, les tarifs pour recharger sa voiture électrique vont eux aussi augmenter dès le mois prochain, de plus de 50 %… Au 1er février, les tarifs du kwh vont plus que doubler, passant de 22 à 33 centimes sur une borne classique et de 33 à 62 centimes pour une charge rapide.
Même si l'augmentation est moins importante que la hausse du prix des carburants, elle pourrait bien dissuader les utilisateurs de passer à l’électrique. Car en effet, recharger sa voiture électrique va devenir un geste qui va coûter de plus en plus cher.
La mairie de Paris a annoncé, que les tarifs de recharge électrique sur les bornes Belib’ à Paris subiraient une hausse, en conséquence de la flambée des prix de l’énergie. Après que les entreprises aient vu leur facture d’électricité exploser, voici que les utilisateurs de motos et de voitures électriques vont devoir faire face à une importante augmentation du prix des bornes de recharge à Paris.
Entre le coût d'achat en moyenne plus élevé que leur équivalent thermique, une baisse du bonus écologique qui sera réduit en 2023 et une hausse de prix de la recharge rapide, le portefeuille des conducteurs risque d'être frappé assez durement. En outre, après un rapide calcul, il convient de noter qu'un trajet autoroutier réalisé en voiture électrique risquerait de coûter au final plus cher qu'un même trajet effectué avec une voiture thermique diesel.

Ainsi, le plein d'une Renault Megane E-Tech électrique de 60 kWh passe de 25 euros à 37,60 euros pour une recharge de dix heures sur le réseau 7 kW sans abonnement. Il faudra désormais compter 64 euros pour la même opération, si vous n’avez pas la chance de tomber sur une borne rapide de 22 kW ou 50 kW.
"Avec le mix énergétique européen, un véhicule électrique doit rouler 70.000 km pour compenser la mauvaise empreinte carbone de fabrication de la batterie et commencer à creuser l'écart avec un véhicule hybride léger", assure Tavares.

Et pour les professionnels de la mobilité comme les taxis, qu’en est-il ?

Les chauffeurs professionnels sont coincés entre l'augmentation des prix du carburant et de l'énergie électrique. Suite à l'augmentation des coûts de l'énergie, le prix de la charge des véhicules électriques explose. De quoi mettre à mal une bascule vers le tout-électrique.
Les tarifs du prix de l'électricité étant indexés sur celui du gaz, il n'a pas fallu attendre très longtemps avant que celui de la recharge des voitures électriques s'envole.
Une problématique qui fait rage chez les milliers de chauffeurs français, d’autant plus chez les propriétaires de véhicules électriques ne comprenant pas ce changement de situation du moins brutal. Maintenant même en voulant travailler dans des conditions optimales en tentant de respecter aux mieux les contraintes environnementales on arrive à se retrouver “punis“ par une situation mal gérée.

Le taxi électrique n’était pas la solution idéale pour les chauffeurs car l'autonomie n'est pas au rendez-vous. Pourtant nombreux d’entre eux se sont adaptés. Avec ces nouvelles contraintes financières et énergétiques, les chauffeurs de taxi et de vtc espèrent que les pouvoirs publics ne leur feront pas regretter leur choix par la mise en place d'une politique adaptée aux enjeux économiques et environnementaux.