Une grande avancée environnementale avec la possibilité de la reconstitution de la couche d’ozone d’ici 40ans

Le 12.01.2023

Le trou dans la couche d’ozone, c’était la grande angoisse des années 1980-1990. Il a été créé par la pollution d'origine humaine, particulièrement par les chlorofluorocarbures (CFC) autrefois émis par de nombreux appareil à forte consommation énergétique comme réfrigérateurs. En effet, l’inquiétude avait de quoi planer étant donné que chaque année, un trou se forme dans la couche d’ozone au moment du printemps dans l’hémisphère Sud.
En 2021, il est beaucoup plus grand que les autres années. Les scientifiques du service de surveillance de l’atmosphère Copernicus ont annoncé que le trou dans la couche d’ozone était désormais plus grand que l’Antarctique, soit 75% plus large que la plus grande taille qu'il n'ait jamais atteint ces dernières années.
Cependant ces derniers temps la pression est nettement redescendue, pour cause la situation serait en nette amélioration, au point même d’espérer la reconstitution complète de la couche d’ozone dans les quatre décennies à venir.

Une très bonne nouvelle environnementale si son avancée n’est pas perturbée

Les objectifs

La couche d'ozone, est une couche protectrice située dans la stratosphère terrestre, entre 20 et 50 km d’altitude. Elle permet de protéger la Terre de radiations solaires dangereuses.
En 2021, au-dessus de l’Antarctique, année durant laquelle le trou au dessus de la couche d’Ozone aurait atteint 23 millions de km2 (plus de 40 fois la superficie de la France). "Cela montre tout de même qu’on n’est pas encore revenu à des niveaux de chlore dans la stratosphère qui permettent d’éviter l’apparition d’un trou chaque année dans la couche d’ozone", indique Didier Hauglustaine. Des chiffres démesurés qui ont fait réagir.
Lundi 9 janvier 2023, les experts du panel scientifique qui travaille sur l'ozone pour le compte de l’ONU ont déclaré une excellente nouvelle qui pourrait être à l’origine d’une très grande avancée. La couche d’ozone serait "en bonne voie" pour se reconstituer en quatre décennies. "Si les politiques actuelles restent en place, la couche d’ozone devrait retrouver les valeurs de 1980 d’ici environ 2066 au-dessus de l’Antarctique, 2045 au-dessus de l’Arctique et 2040 dans le reste du monde", assurent ainsi ces scientifiques dans un rapport rendu public ce lundi.
Dans un nouveau rapport, un panel scientifique appuyé par les Nations Unies, confirme que l’interdiction de près de 99% des substances qui détruisent l’ozone a permis de préserver la couche d’ozone et contribué de façon notable à sa reconstitution dans la haute stratosphère et à une diminution de l’exposition humaine aux rayons ultraviolets (UV) nocifs du soleil.
La couche d’ozone pourrait donc se rétablir d’ici 40 ans, si aucun projet de géo-ingénierie ne vient la perturber, car ces projets prévus pour limiter le réchauffement climatique pourraient menacer ces progrès à cause de l’injection d’aérosols.

Les méthodes mises en place pour y parvenir

Dès 1987, le protocole de Montréal, adopté par 195 pays, a fortement réduit la quantité de CFC dans l’atmosphère, qui est en grande partie à l’origine de la destruction de la couche d’ozone.
En 2016, l'accord de Kigali (Rwanda) y a aussi contribué en prévoyant l'élimination progressive des hydrofluorocarbones (HFC), gaz extrêmement nocifs pour le climat utilisés dans les réfrigérateurs et climatiseurs. Si cet accord est totalement respecté, il pourrait réduire de 0,5°C le réchauffement mondial d'ici à 2100, ont déjà estimé les experts de l'ONU.
Au cours des dernières décennies, la coopération mondiale à tout mis en place pour donner une chance à la couche d’ozone de se reconstituer. "L'élimination progressive de près de 99% des substances interdites qui détruisent l'ozone a permis de préserver la couche d'ozone et contribué de façon notable à sa reconstitution dans la haute stratosphère et à une diminution de l'exposition humaine aux rayons ultraviolets (UV) nocifs du soleil", notent les experts, qui publient leur estimation quadriennale sous l'égide de l'ONU.
On peut donc en conclure que si la couche d’ozone est en très bonne voie pour être sauvée c’est grâce à la coopération mondiale.

Rappelons tout de même que rien est acquis

S’il s’agit d’une rare bonne nouvelle sur le front de l’environnement, attention toutefois à ne pas crier victoire trop vite.
Si la couche d'ozone est "en bonne voie" pour se reconstituer en quatre décennies, des scientifiques ont tout de même alerté sur des projets de géo-ingénierie pour l'imiter le réchauffement climatique. Ceux-ci pourraient menacer ces progrès et avoir des effets indésirables comme une grave baisse du niveau de l'ozone.
La planète a gagné près de +1,2°C depuis l'ère préindustrielle, entraînant déjà une multiplication des canicules, inondations ou tempêtes. La communauté internationale s'est engagé à limiter ce réchauffement bien en deçà de +2°C, +1,5°C si possible. Mais les politiques actuelles laissent présager une hausse des températures de 2,8 °C d'ici la fin du siècle, bien au-dessus des limites de l'accord de Paris, selon les Nations Unies.
Un injection de particules au-dessus de l'Antarctique a été simulée, avec des résultats mitigés. Cela permettrait certes de réduire la température mondiale de 0,5°C sur vingt ans, mais le trou de la couche d'ozone retournerait à des niveaux proches de ceux des années 1990. "La chose la plus simple à faire est d'arrêter de relâcher des gaz à effet de serre dans l'atmosphère", a souligné John Pyle. "Et c'est difficile".
Toutefois, ces derniers se sont aussi penchés pour la première fois sur les potentiels effets sur l'ozone de projets de géo-ingénierie destinés à limiter le réchauffement climatique, mettant en garde contre leurs effets indésirables. L'idée serait d'ajouter intentionnellement des aérosols dans la stratosphère pour ainsi renvoyer une partie des rayons du soleil.

Un de ces projets consisterait à injecter des milliards de particules de soufre dans la couche supérieure de l’atmosphère. Or, une injection de particules dans l'atmosphère "pourrait avoir pour conséquence une grave baisse du niveau de l'ozone", prévient le coprésident du panel scientifique, John Pyle. "Il y a beaucoup d'incertitudes."
" Il y a toujours des risques de retour en arrière", prévient David Fahey, coprésident du groupe d’évaluation.