Les rapports 2022 du GIEC (1-2-3e volets)

Le 11.03.2022

Le GIEC, c’est le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat. Il s’agit d’une organisation intergouvernementale autonome créée en 1988 dans le cadre du G7 (Allemagne, Canada, USA, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) par deux institutions de l’ONU. Cette organisation évalue l’état des connaissances sur l’évolution du climat, ses causes, ses impacts. Il identifie également les possibilités de limiter l’ampleur du réchauffement et la gravité de ses impacts et de s’adapter aux changements attendus. Le groupe ne cesse de nous prévenir sur les limites à ne pas franchir et les risques à encourir.

 

Que disent les rapports du GIEC ?

Sur le premier ?

Une prise de conscience mondiale des enjeux climatiques se fait ressentir dès les années 1970. Le Club de Rome a participé à cet éveil en évoquant les dangers de la croissance et de l’épuisement des ressources naturelles. C’est donc en août 1990, le GIEC remettait son premier rapport d'évaluation qui comprenait : un aperçu général, trois volumes contenant chacun un résumé destiné aux décideurs et portant sur l'évaluation scientifique.
Le premier rapport du GIEC se résume en 5 points :
- 50% de probabilité que l’activité humaine soit responsable du réchauffement climatique

- On prévoyait des changements climatiques modérés qui pourraient impacter les ressources en eau. Les types de maladies et virus risquent d’être modifiés.
- Il existe des risques pour la faune et la flore car les changements climatiques risquent d’être trop rapides par rapport à la capacité de migration et/ou d’adaptation d’une partie des espèces.
- On prévoyait dans un premier temps une augmentation du niveau de la mer d’environ 65cm d’ici à 2100.
- On estimait une augmentation des températures de +3°C d’ici à 2100. Près de 6 mois après la parution du rapport du premier groupe de travail du GIEC, qui faisait état de l’évolution passée et à venir du climat, c’est au tour du deuxième de se pencher sur les impacts, l’adaptation et la vulnérabilité au changement climatique.

Puis le second

Le présent rapport se fonde sur des travaux issus de plusieurs disciplines, y compris la sociologie et l’économie, pour bien comprendre les implications des phénomènes physiques sur les sociétés humaines, et accorde une large place à la biodiversité. Le 28 février, la deuxième partie du 6ᵉ rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) a été dévoilé.
Le rapport dresse un constat alarmant : le réchauffement climatique pourrait atteindre 2,7° à la fin du siècle et insiste sur l’importance d’agir maintenant, sans attendre et de prendre des décisions plus ambitieuses face aux risques climatiques. Les demi-mesures ne sont plus une option, certains effets sont déjà généralisés et irréversibles.
Les changements climatiques se manifestent dans la plupart des écosystèmes de la planète. On constate une nette augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes (inondations, sécheresses, canicules …) et une forte montée des eaux depuis plusieurs années.
Le rapport explique nécessité de préserver et consolider la nature pour qu’elle puisse jouer son rôle (absorber et stocker le carbone). Pour cela, il faut arriver à concilier les compétences technologiques, les connaissances scientifiques et le savoir local pour maximiser l’efficacité des solutions qui seront mises en place. Les politiques de lutte doivent être adéquates et réfléchies pour durer dans le temps.

Une grande partie du rapport est consacrée aux villes et établissements urbains dans des zones particulièrement sensibles : bord de mer, forêts tropicales, terres arides, déserts …
D’ici 2050, 2,5 milliards de personnes en plus vivront dans des zones urbaines, il est donc crucial d’y installer des bâtiments écologiques, des modes de transports durables, un approvisionnement fiable en eau propre et en énergie renouvelable.

Le troisième et dernier volet

3 600 pages ont été rédigées par 269 auteur/rices venant de 67 pays, sur la base de plus de 34 000 articles scientifiques et plus de 62 000 commentaires pour le premier article du GIEC sur le climat. Alors que le rapport publié en 2021 se consacrait sur la physique du climat.
En avril 2022 celui-ci s’attarde sur les effets, aux vulnérabilités et aux capacités d’adaptation à la crise climatique, en d’autres termes la réduction du réchauffement. Il ne reste plus que le rapport de synthèse pour clore ce sixième cycle d’évaluation.
Il suggère un bilan de l’action climatique et de l’évolution des émissions de la dernière décennie, dresse les scénarios pour nous présenter les voies à emprunter pour limiter nos émissions futures et donc le réchauffement à venir, et analyse de nombreuses solutions, à la fois globales et par secteur. Il alarme sur la hausse continue des émissions, qui ont atteint leur plus haut niveau dans l’Histoire humaine malgré une prise de conscience croissante, les promesses faites et les progrès, notamment technologiques, réalisés.
Le rapport met aussi davantage l’accent sur les changements de comportements et les questions sociales que lors du cycle précédent. Sobriété, développement des énergies renouvelables et des mobilités douces, électrification, changement des régimes alimentaires, préservation des écosystèmes, élimination du carbone… même si les actions tardent à venir, les pistes ne manquent pas.
« Le rapport de cette semaine a montré que nous sommes sur la voie rapide vers la catastrophe climatique. Mais nous ne devons pas perdre espoir. Nous devons nous appuyer sur les progrès réalisés - menés par les jeunes, la société civile et les populations autochtones - et exiger que les promesses se transforment en réalité." Antonio Guterres, secrétaire général des Nations Unies.