Les livreurs et chauffeurs de plateformes reconnus salariés

Le 17.03.2021

Les livreurs et chauffeurs de plateformes reconnus salariés

Uber reconnait le statut de salariés aux chauffeurs britanniques

C’est une première mondiale, les chauffeurs britanniques pourront maintenant bénéficier d’un salaire minimum, de congés payés et d’un plan épargne retraite grâce au statut de travailleur salarié. 

Cette action résulte de la défaite de la plateforme devant la Cour Suprême. 

En effet, le 19 février, la plus haute juridiction avait tranché : les chauffeurs pouvaient être considérés comme des « travailleurs » et donc bénéficier de droits sociaux.

La loi britannique distingue le statut de travailleurs ("workers"), qui peut recevoir le salaire minimum et d’autres avantages, de celui de salariés au sens strict ("employees"), qui bénéficient d’un contrat de travail en bonne et due forme.

Les changements

Les chauffeurs ne souhaitant pas perdre la flexibilité au gré de leurs avantages. 

La décision Uber fera ainsi passer les chauffeurs d’un statut de travailleurs indépendants à travailleurs salariés, le salaire minimum des conducteurs se verra passer à 8,91£ au mois d’avril.

Ces nouveaux avantages sociaux s’ajoutent à ceux déjà existants comme l’accès à l’assurance à l’accès maladie et l’indemnisation des congés parentaux. 

Jusqu’à présent le géant américain refusait d’accorder à ses chauffeurs le statut de salarié. Cette décision pourrait ainsi être le précurseur d’une nouvelle ère et ainsi se répandre à d’autres pays déjà « Ubérisés ». 

Loi Riders en Espagne : « loi pionnière »

Dans le même temps, l’Espagne s’apprête elle aussi à reconnaître des salariés chez les plateformes de livraison à domicile. 

La Loi Riders permettra également aux livreurs de Uber Eats et Deliveroo de bénéficier de ce statut. 

 « Il s'agit d'une loi pionnière en Europe » expliquait Yolanda Diaz, membre du Congrès des députés d’Espagne. 

Le texte négocié avec les partenaires sociaux indique aussi que les entreprises auront l'obligation d'être plus transparent sur les algorithmes qui conditionnent les conditions et la charge de travail.


Des mouvements successifs de demande de droits sociaux sont en train d’être accordés grâce à la pression de la justice. Nous saurons prochainement si cet élan conduira à d’autres accords entre les plateformes et les travailleurs indépendants.

La hausse du coût engendré par ces nouvelles normes sociales devraient être absorbée par les plateformes afin de rester concurrentielles. Qu'en sera-t-il de la marge et plus généralement, le business model initial des plateformes de mise à dispoisiton de chauffeurs ou de livreurs est-il aujourd'hui remis en cause ? Les courses vtc vont-elles devenir systématiquement plus chères que celles en taxis (c'est déjà le cas en cas de forte affluence) ? A suivre...